
Le beau monde
27 février 2015 — 14 mars 2015
D’après Le Mariage de Krétchinski et L’Affaire d’Alexandre Soukhovo-Kobyline
Traduction André Markowicz, éditions Corti
Compagnie NVK
Création
Pass V.I.P en poche, les happy few font la fête. Dans une
atmosphère nineties, un microcosme en flagrant délit de déni trinque et
danse pour éviter de se regarder en face. Pourquoi ouvrir les yeux
lorsque l’aveuglement à un goût de champagne ? Pourquoi entendre la
criante vérité lorsque le rythme du mensonge est tellement hypnotique ?
Krétchinski,
joueur invétéré et habile séducteur, sait identifier les manques de
chacun et inventer toutes les fables nécessaires pour combler le vide
existentiel de ses victimes. Autant de fictions qu’il met littéralement
en scène, pour apparaître aux yeux de tous comme le gendre et le mari
idéal. Escroc brillant, Krétchinski excelle en l’art de la « manufacture
du consentement ». Il parvient ainsi à faire céder les dernières bribes
de dignité de la famille Mouromski qui, prise au piège de ce miroir au
alouettes, perd le sens des quelques valeurs qui lui restaient.
On
pense à certaines figures emblématiques des années 1990 : Christophe
Rocancourt, célèbre arnaqueur ayant plumé plus d’une star
hollywoodienne, ou Jordan Belfort, homme d’affaire louche, immortalisé
par Scorsese dans Le Loup de Wall Street.
Le
beau monde : un spectacle qui a le goût du direct, qui compose avec le
présent et qui, par la précision du jeu de ses acteurs, révèle comment
les petites capitulations intimes entraînent les personnages dans une
chute collective.
Pour faire partie du beau monde, jusqu’où peut-on aller trop loin ?
Brillant et atypique par sa drôlerie féroce et sa langue mordante, Alexandre Soukhovo-Kobyline est un auteur majeur
de la littérature russe du XIXe siècle, étrangement méconnu chez nous.
Luttant année après année pour prouver son innocence dans le meurtre de sa première épouse, il a, de fait,
écrit une grande partie de sa trilogie théâtrale, Images du Passé, en prison.
Admiré
par Meyerhold et considéré aujourd’hui comme un classique,
Soukhovo-Kobyline est monté très régulièrement sur les scènes de Russie,
avec un succès jamais démenti.
Mise en scène
Natacha Koutchoumov
Avec
Rebecca Balestra
Pierre Banderet
Adrien Barazzone
Valeria Bertolotto
Jérôme Denis
Robin Dupuis
Bartek Sozanski
Dramaturgie
Arielle Meyer Mac Leod
Scénographie
Sylvie Kleiber
Lumière
Jean-Philippe Roy
Conception sonore et musique
David Scrufari
Costumes
Isa Boucharlat
Assistanat
Robin Dubuis
Le beau monde a été sélectionné par le Pool des Théâtres Romands, l’Union des Théâtres Romands et la Corodis pour le Salon d’artistes 2014
Avec le soutien de
Ville de Genève et République et canton de Genève, Loterie Romande, Comédie de Genève, Saint Gervais Genève Le Théâtre, Ville de Lancy, Fondation Ernest Göhner
Du 27 février au 14 mars 2015